Sœur Marie Angélique Millet

Charlotte Millet est née le 25 mai 1879 en Normandie et elle est morte le 27 août 1944. Sa famille était très catholique. Elle était la cadette d’un garçon et d’une fille. Quatre frères et sœurs viendront ensuite.

A la naissance, Charlotte souffrait d’une luxation de la hanche due à une chute de sa mère peu avant la naissance. Elle fut très vite munie d’un appareil orthopédique qui ne fit pas grand chose et la fatiguait à l’excès.

Deux ans après sa naissance, son père fut nommé receveur d’enregistrement à Granville.

C’est là que Charlotte fréquenta le pensionnat du Sacré Cœur de Granville et suivit quelques études. A 18 ans, elle vécut en famille assumant un parfait rôle de maitresse de maison.

Depuis sa première communion, elle voulait devenir religieuse Visitantine. Lorsque son père prit sa retraite, elle entra à la Visitation de Caen et prit l’habit le 7 juin 1901.

Charlotte reçut le nom religieux de Sœur Marie Angélique.

Elle sortit du noviciat en 1906. Deux de ses sœurs sont devenues religieuses à leur tour, l’une au Carmel et l’autre Bénédictine.

A cause de son infirmité de naissance à la hanche, elle portait des corsets et ne marchait qu’avec difficultés. Elle abandonna son corset, alors qu’elle en avait besoin, et prolongea outre mesure les stations à genoux.

Si bien qu’un matin elle ne pouvait plus se lever.

Après six mois à l’infirmerie et un nouvel appareil orthopédique, elle reprit une vie presque régulière au prix d’un accroissement de douleurs.

A ces tourments s’en ajoutaient d’autres qui ressemblaient à un jeu diabolique.
Sa supérieure en était témoin lorsqu’elle retrouvait dans sa cellule des meubles renversés, accompagnés de vacarmes. Aucune autre de ses sœurs n’était au courant hormis celle qui avait sa cellule contigüe à la sienne.

L’abbé Emérite de la Trappe de Notre Dame fut pendant 25 ans son directeur spirituel. Lors de ses « Heures Saintes », dans la nuit du jeudi au premier vendredi de chaque mois, Sœur Marie Angélique recevait des révélations.

Elle voyait l’agonie de Jésus Christ.

« Etant en agonie, Jésus priait plus instamment, et sa sueur devint comme des grumeaux de sang, qui tombaient à terre » (Luc 22, 44)

« Il m’a fait reposer sur son Cœur sanglant… c’est un repos qui détache de tout… Il fait si bon être avec la « Vérité même » et le « seul Amour »…
Il m’a associée au martyre de son Cœur, goûter un peu l’amertume des déceptions qu’Il reçoit de la part d’une portion de Son Elite, afin de continuer à agoniser dans mon âme de « Petit »…
Il cherche des jardins d’Agonie pour continuer le grand acte d’amour rédempteur de Gethsémani. C’est au cœur de « ses choisis » qu’il les demande… et ce n’est que le petit nombre qui sait comprendre la grâce transformante de cette participation à l’Agonie de son Cœur… »

Les Pères qui l’avaient consultée pensaient qu’il n’y avait là « ni illusion du démon, ni l’effet d’une imagination surchauffée. »

Sœur Marie Angélique devait se servir d’une canne puis d’une béquille. En 1921, ses jambes l’abandonnèrent et elle ne quitta plus son fauteuil roulant.

En 1944, Sœur Marie Angélique fut atteinte de pneumonie lente alors que les bombardements et les combats ravageaient la Normandie.
Elle vivait avec les autres religieuses dans les sous sols où les vitres brisées laissaient passer l’air extérieur. Ce qui accentua son mal.

Sœur Marie Angélique est morte le 27 août dans ces conditions difficiles.

Elle laisse derrière elle un intéressant volume : « Dis… Ecris » qui rassemble ses notes.

Notre Seigneur :  » On a peur de Moi, comme si Je n’avais ni Cœur, ni pitié, et c’est Moi qui en donne à tout le monde. Que l »on se fait tort en me jugeant sévère… Les misérables n’ont pas de meilleures défenses que Moi. Je suis tendre infiniment. Ceux qui s’effraient de mes jugements sont ceux qui ne sont pas chaque jour tendres pour Moi. »
« J’ai du cœur comme il ne se peut dire ni
comprendre ! « 

Notre Seigneur : « Il est l’heure de réveiller le monde.
Aie compassion de mon cœur qui tressaille de douleur et d’amour. »

Prophéties :

Du jeudi au vendredi 5 décembre 1941 :

« A l’heure sainte, j’ai vu des éclairs des foudres de la justice divine sillonner longuement la nuit sombre et froide du Gethsémani… tandis que le divin Martyr suppliait de sa voix d’agonisant : « Père Saint, l’heure est venue !
Glorifiez votre Fils afin que votre Fils vous glorifie. »

L’heure est venue de la nouvelle Rédemption, car Il a dit : « Père Saint, nous voici pour accomplir votre volonté.

C’est la fin de nos maux : l’aurore de leur doux règne de paix à tous les deux. »

Du jeudi au vendredi 14 juillet 1940 : « Je régnerai : ma Mère régnera en France par le triomphe de ma bénédiction qui va bientôt régner. »

Quand Il s’est levé à la fin de l’heure sainte, Il m’a laissé apercevoir son Cœur gonflé et rayonnant dont les rayons vont atteindre les 5 parties du monde. »

Du jeudi au vendredi 2 janvier 1942 : « Alors est apparu sur l’écran lumineux, venu se placer insensiblement devant la scène évangélique de l’agonie, la scène du Golgotha : Jésus, Marie, Jean… et j’ai entendu :

« Jésus et Marie sont avec lui, Jean, le « Sacerdoce nouveau » de la Rédemption nouvelle…

Et ce fut comme une procession qui se forma au pied de la montagne sainte et la gravit lentement jusqu’au sommet…

Tout ce « Sacerdoce nouveau » s’agenouilla là, derrière saint Jean agenouillé… Et dans le silence d’un grand mystère, Jésus donna son sacerdoce à sa Mère, et sa Mère à son « Sacerdoce nouveau… »

Il m’a fait jeter le Sacerdoce dans Son Cœur à travers le Cœur transpercé de la Vierge…

Mais la Mère de Miséricorde implorait le pardon des coupables et promit à son Fils ce « Sacerdoce nouveau », qui rendrait le prêtre, Lui et Elle, Jésus et Marie, Père et Mère des âmes ».

Du jeudi au vendredi 1er mai 1942 :
« … J’ai vu le Christ en croix, blanc et vermeil, sur l’autel de sa Croix de Souverain Prêtre…

C’était si beau et si doux que je n’en finissais pas de m’emplir les yeux de cette vision !…

J’ai reçu ces paroles de mon Jésus : « C’est la guerre et c’est la paix ! C’est le Calvaire encore, et demain le Règne du Fils avec la Mère… Appeler Marie, c’est appeler la paix !
Elle l’a donnée au monde avec le Prince de la Paix.

C’est la sueur de sang de la France.
Laisse les scandalisés.

Je les range à l’écart comme étant les pires ennemis de mon Règne de paix.
Ce n’est pas le règne que l’on attend, semblable à tant d’autres qui ont passé…

C’est un grand Règne, un Règne immense, étendu sur toute la terre, qui aura son aboutissement proche de l’éternité…

Les hommes ne se moqueront pas toujours de Moi quand ils verront le Règne que Je te fais appeler…

Ce Règne de paix, c’est un Règne tout à fait extraordinaire avec ma Mère…

Laisse les hommes se moquer de toi… »

Du jeudi au vendredi 5 juin 1942 :
« Tout le long du mois de mai, la Sainte Vierge m’a emportée dans une immensité de renouveau surnaturel.

…Cette immensité de renouveau va envahir le monde paganisé, avec le double Règne du Fils et de la Mère…

L’Amour, c’est l’histoire la France… Qui ne sait plus aimer que le haïssable.
Mais elle va revenir à L’Amour sous le coup formidable de mon cœur, blessé de son rejet.
N’aie pas peur de ma Justice qui se paie.

Le Calvaire va devenir le Thabor…

Que ceux qui savent entendre écoutent, croient et prient. Voici l’invasion de ma miséricorde qui va faire son déluge pour y perdre les iniquités du monde…

Il va assister à la destruction d’un temple et à la construction d’un autre.
N’entends-tu pas déjà le calme de la paix qui vient avec le bruit de la tempête ?
Ce sont les avances divines de l’Amour plein de miséricorde… »

Du jeudi au vendredi 3 juillet 1942 :
« Le Roi de paix est à la porte… Il frappe avec sa Mère, car c’est le grand Règne tout à fait extraordinaire du Fils et de la Mère…

J’apercevais surtout son Cœur dans l’hostie et l’hostie dans son Cœur, très visibles l’un dans l’autre au centre de la croix.

Une même chose, pourrais-je dire… la double preuve de son infinie charité et de l’excès de son éternel amour pour l’homme…

Jésus, « l’Amour sauveur plein de miséricorde », rompit le silence de cette scène figurative par les paroles qu’il laissa tomber de ses lèvres divines durant sa vie mortelle : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie », répétant deux fois le mot Vie pour me le souligner.

Il est « la Vie », le « Pain de Vie », pour qu’on le mange…

Il a paru l’expliquer Lui-même en continuant : « Je viens régner sur des vivants et non pas sur des morts…

Il me faut la Vierge féconde pour m’enfanter les prêtres distributeurs d’hosties qui me donneront les générations de mon Règne de Paix…
Comprends-tu maintenant que ce règne est un règne spécial qui donnera l’hostie de ma vie aux hommes ?…

Les hommes n’ont pas la vie parce qu’ils ne savent pas aller où il faut la puiser ».

L’Heure sainte a pris fin avec des « rafales d’étoiles » tombant en demi-cercle d’une nuée encadrant la vision figurative de Jésus et Marie… »

Notre Seigneur :

« Le monde est voisin de ma paix. Crois ce que tu entends, c’est moi qui te parle pour être entendu.

Personne ne se doute de mes belles choses.
Le monde orgueilleux m’aimera. Je pourrai montrer mon Cœur et donner mon Amour…

C’est le temps de l’abondance où le temps des grâces reçues feront des Saints…
Courage, tu verras que Je ne t’ai pas tourmentée pour rien. »

« J’ai promis mon règne d’Amour et de Paix ».

Décembre 1942 :

Elle rapporte avoir vu un « effondrement de pierres avec précipitation de la Cité Sainte (Rome).
Vision de ruines.
Une voix mystérieuse lui dit : « Effondrée avec fracas, elle va se reconstruire dans le silence, sur le roc du Calvaire. »

Une autre fois :
« Laissez-vous emporter par la tempête d’amour de la Grande Tribulation.
C’est un orage divin qui purifie le ciel et va tout assurer sur la terre … redevenue silencieuse. »

« C’est la marche douloureuse vers la paix glorieuse. »
« Des cris… et bientôt des chants. »

Lors d’une autre vision :

« L’enfer monte la garde avec ses bataillons de feu…
L’incendie monte et s’étend…
L’infinie miséricorde fera le déluge qui l’éteindra.
C’est l’offensive et la défensive. »

Le 2 Juillet 1943 :
« L’armée blanche va triompher de l’armée noire par son Grand Chef au Pouvoir immense. »

Sources :

« Le monde de demain vu par les prophètes », Albert Marty, Broché, 1962
« Dis … Ecris », Marie Angélique Millet, Jean du Cœur de Jésus d’Elbée et Vital Lehodey, Imprimerie Loïez, 1949
« Petits Manuscrits, Carmel de Gravigny », Edition Resiac, 1981
« Veillez et priez car l’heure est proche », Tome 2, Michel Servant, 1973