Mère Marie de Jésus du Bourg

Marie Caroline Philomène Deluil-Martiny est née le 28 mai 1842, à Marseille et elle a été assassinée en 1884 prés de son Couvent à Limoges.

Sa famille avait déjà un fils, calme et doux, tandis que Marie était très vive, elle entrait dans de grandes colères mais aussi de grands débordements d’affections.

Son père, Paul Deluil Martiny était un avocat renommé, adjoint au maire et administrateur des hospices. Il est mort martyr de la révolution française.
En 1870, il forma et présida un comité pour libérer des otages (des Pères Jésuites), et arriva à les libérer.

Quand la mairie était devenue républicaine, il offrait aux citoyens le cierge traditionnel et présidait une fête votive.

Sa mère, Anaïs Marie Françoise venait de la noblesse de Provence.
Pendant sa grossesse, elle consacra son enfant à venir, Marie, à Notre Dame de Grâce.

A huit ans, son père lui apprit le latin, puis elle fréquenta le pensionnat avec sa sœur cadette et finit son éducation.

A 18 ans, alors belle et jeune, elle raconte « mon unique attrait, est à Jésus Victime, c’est là que je le cherche, là que je l’aime, là que je l’adore. C’est là que je m’unis à Lui et qu’Il s’unit à moi. »
Elle souhaitait se sacrifier avec Lui.

En 1865, pour la béatification de Marguerite Marie, son père l’emmena voir les célébrations du monastère du Bourg, puis elle fit un pèlerinage à La Salette.
Elle ressenti alors avec clarté les desseins de Dieu et ses projets de créer une fondation se dessinèrent avec évidence.

Marie entra en religion en 1809, et devint Sœur puis Mère Marie du Bourg.

Elle vécut à Limoges où elle fut la fondatrice de la congrégation des Sœurs du Saint Sauveur. Cette congrégation vivait sous la règle de Sainte Ignace et avait reçu l’aval du Pape.

En 1875, Mère Marie de Bourg, après de longs colloques avec Marie et Jésus, écrivit elle-même les règles qui régissaient le couvent. Elle passait de longues heures agenouillée devant le tabernacle « Je donne rendez vous à l’esprit Saint et s’Il ne vient pas, je l’attends, car sans Lui je ne peux rien faire de bon. »

Elle recueillit tous les écrits de Marguerite Marie et les fit entrer dans la règle de son Institut.

Marie de Jésus Deluil Martiny fondatrice de la Société des Filles du Cœur de Jésus

Un lundi de la Pentecôte 1811, elle priait devant le Saint Sacrement, lorsque tout-à-coup, son visage se transfigura, et on la vit s’élever à quelques pieds de terre, comme soulevée par une main invisible.

A partir de ce moment, les communications divines devinrent des plus fréquentes Mère Marie du Bourg était devenue extatique.
Elle fut comblée de grâces extraordinaires pendant sa vie.
Durant ses oraisons elle se levait de terre.

Elle reçut des révélations précieuses sur l’avenir de la France qu’elle rassembla dans un opuscule «Vues intérieures», en 1857 ; Notre Seigneur lui ayant indiqué que ce n’était pas pour elle que ces paroles lui avaient été dites.

«Pendant le règne de Louis Philippe, j’entendis le Seigneur dire d’une voix menaçante à ce roi : «Vous m’avez méprisé ; vous avez fait apostasier mon peuple en le faisant travailler le dimanche. La jeunesse a été livrée aux impies. »

Et je compris alors que ce roi serait châtié, et il me fut dit que le temps approchait ; et bientôt on vit éclater la révolution de 1848.

Les remparts et les forteresses bâties au mépris de la loi de Dieu (dimanche), ne purent défendre celui qui les avait faites élevées pour sa sûreté selon les belles paroles de Saint Félix :

« Avec la protection de Jésus Christ les plus fortes murailles ne sont que des toiles d’araignées ».

Je compris surtout que c’était la profanation du dimanche qui attirait sur la France les plus terribles fléaux. »

Mère Marie du Bourg écrit « Le Seigneur m’a fait des plaintes d’une manière terrible, Il se plaint de cette fureur à chercher le plaisir, Il se plaint des danses scandaleuses, de l’indécence et du luxe des parures.

S’Il défend dans le Saint Évangile même un seul mauvais regard, même un seul mauvais désir, faut-il s’étonner qu’Il punisse, par des châtiments terribles, la Corruption des mœurs qui est suite nécessaire de tous ces abus, la source de tant de crimes, et qui entraîne, avec la ruine des bonnes mœurs, celle de la santé et des pertes des âmes.

Les peuples, comme toujours, ont imité les mauvais exemples des grands : il n’y a plus de digue au torrent des passions furieuses ; l’autorité divine est entièrement méconnue ; les hommes méprisent les lois de Dieu et les enfants, celles de la famille ; aussi l’ordre n’est que factice, la force et la contrainte seules le maintiennent encore. »

Elle connut dans les dernières années de sa vie des ravissements quotidiens accompagnés de lévitations que caractérisait leur caractère impétueux : Marie du Bourg s’élevait alors en l’air à la hauteur de sa chaise puis retombait brusquement sur son prie-Dieu.

Un jour, le 7 avril 1856, elle fut soulevée de terre avec une force telle qu’elle s’accrocha à son prie-Dieu qui fut lui aussi soulevé.
En retombant, la chute fut si violente que le socle de ce prie-Dieu massif en fut brisé

La Servante de Dieu en percevait fort bien la cause, dont elle se releva par ailleurs toujours indemne, malgré leur violence :

« Au moment où je faisais l’acte d’amour de Dieu, à la prière du soir, la Révérente Mère fut enlevée avec une force véhémente ; et comme elle s’attachait à son prie-Dieu pour résister à l’attraction divine, le prie-Dieu fut aussi enlevé et retomba avec un grand fracas.

Le marchepied se fendit.
Le lendemain matin, je fus la voir : « On me demande des nouvelles de mes genoux, dit-elle avec une certaine confusion, ils ne me font pas mal du tout.

– Le prie-Dieu n’en dirait pas autant, repris-je.
– Mon cœur se partageait et partait, reprit la bonne Mère ; c’était un amour purifiant qui m’a fait bien souffrir ».

Et quelques moments après elle descendit doucement à la chapelle, voir ce qui en était de son prie-Dieu et se baissant pour regarder la fente, elle disait tout bas :
«O chétive et misérable créature ! Vois ce que tu as fait. »

Le 27 février 1884, au cours d’une marche autour du Couvent, Marie Du Bourg et une autre religieuse croisèrent un homme, Louis Chave, qui vint à leur rencontre.

Elles le connaissaient, il faisait preuve de paresse et d’un caractère difficile, et comptait sur sa bienfaitrice pour lui trouver une place.
Marie du Bourg lui dit « Eh bien Louis, avez-vous une place ? Il ne faut pas vous décourager, vous trouverez bien quelque chose. »

Louis lui répond par une sorte de grognement et lui porta le canon de son arme sur la veine carotide, puis fit feu deux fois.
Puis il refit feu trois fois sur l’autre religieuse. Celle-ci se mit à hurler, et les secours ne tardèrent pas : ils trouvèrent Marie du Bourg sans voile, la tête dans les mains, et l’autre religieuse se débattant contre le meurtrier qui la frappait à coup de crosse.
Il fut mis en fuite.

Blessée par deux blessures à la poitrine, Marie du Bourg restait souriante et rassurante dans son agonie. Elle priait beaucoup, « je lui pardonne ! ».

Elle mourut finalement le lendemain de son agression, en même temps que son assassin.

Alors assaillit par les gendarmes, celui avait déchargé son arme sur eux. Un brigadier l’atteignit au même endroit que sa victime.

L’assassin laissait une lettre à la postérité « Je veux avoir la gloire d’être le premier à commencer et d’ouvrir la voie à ceux qui seront assez résolus pour me suivre. (…)

Le dernier conseil que j’ai à donner aux vrais anarchistes c’est de s’armer. (…)
J’appelle les vrais anarchistes d’action ceux qui sont prêts à vaincre ou à mourir (…).

Vous apprendrez mes exploits dans les journaux de Marseille. (…) C’est au cri de ‘’vive l’anarchie et sus aux bourgeois’’ que je vais ouvrir le feu. (…)
Compagnons, il est possible que je sois forcé de partir pour le pays des étoiles. Donc je vous dis adieu, et je compte sur vous pour me venger et publier ma lettre.»

Certains journaux de l’époque approuvent cet acte. « L’hydre », dans son numéro du 9 mars publia la lettre du meurtrier, et offrit à l’assassin le nom de «Brave» et «Spartacus».

On peut lire cette phrase dans l’article « La charité chrétienne, bouclier des turpitudes cléricales, méritait un sanglant rappel à la pudeur, c’est fait ! »

Ainsi, Mère Marie du Bourg fut ravie à l’affection de ses Sœurs, mais peut être était ce le destin de cette noble femme.
En 1882, Marie du Bourg avait écrit à Pie IX, et à Léon XIII une lettre où elle s’offrait en victime.

Marie de Jésus du Bourg a été béatifiée par Jean Paul II le 22 octobre 1989.

Prophéties

La mère du Bourg écrit en 1857 un ouvrage intitulé : « Vues intérieures »

« Voilà où nous en sommes, les châtiments de notre Seigneur vont tomber sur nous en diverses manières. Des fléaux, des troubles, du sang versé. Il y aura dans notre France un renversement effroyable.

Cependant, ces jours seront abrégés en faveur des justes. Dieu élèvera sur le trône un roi modèle, un roi chrétien. Le fils de Saint Louis aimera la religion, la bonté, la justice. Le Seigneur lui donnera la lumière, la sagesse et la puissance.

Lui-même l’a préparé depuis longtemps, et l’a fait passer au creuset de l’épreuve et de la souffrance, mais il va le rappeler de l’exil.

Lui, le Seigneur, le prendra par la main, et au jour fixé, il le replacera sur le trône.

Sa destinée est de réparer et de régénérer, alors la religion consolée refleurira, et tous les peuples béniront le règne du Prince Dieu donné ; mais ensuite le mal reprendra le dessus et durera au moins jusqu’à la fin des temps.

La lumière d’En Haut ne m’a pas été donné pour les derniers événements du monde dont parle l’Apocalypse. »

Sources :

« Le Retour du lys » Michel Morin, Chris Perrot, Edition du Trécaré, 1985
« Dernier mot des prophéties, ou L’avenir prochain dévoilé par plusieurs centaines de textes authentiques… notamment les prédictions de l’extatique de Blain (Deuxième édition considérablement augmentée », Adrien Peladan, Éditionchez l’auteur, (Nîmes),1878
« La Mère Marie de Jésus : Deluil-Martiny : fondatrice de la Société des Filles du Cœur de Jésus et son œuvre (7e éd.) », Alfred Monnin, Louis Laplace, ÉditionDruck von K. Oberholzer, 1917 (à lire sur Gallica, lettre de Marie du Bourg en appendice)
Témoignage de Ramón Morey Vallès au procès informatif ordinaire, H. Renard
« Voix prophétiques ou signes, apparitions et prédictions modernes », l’abbé J.M Curique, édition Victor Palmé, 1872
« La stigmatisation : 1894 », Antoine Imbert-Gourbeyre, édition Jérôme Millon, 1996